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Samedi 1 janvier 2005
L'étude de l'ADN de chacune des 8 espèces de Baobabs menée par Baum, Small et Wendel, a montré une différence significative concernant les marqueurs génétiques*.

Espèce Nombre chromosomique
Distribution
Adansonia digitata L. 160
Afrique
Adansonia grandidieri Baill. 60-64 (Miège, 1974) ; 88 (Baker & Baker, 1968) ; 88 (Baum D. A. & Oginuma K., 1994)
Madagascar
Adansonia gibbosa F. Muell. 72 (Baker & Baker, 1968) ; 88 (D. A. Baum & al., 1994) ; 96 (Miège & Burdet, 1968)
Australie
Adansonia madagascarensis Baill. 80-84 (Miège, 1974)
Madagascar
Adansonia perrieri Capuron
Madagascar
Adansonia rubrostipa Jum. and H. Perrier 72 (Miège, 1974) ; 88 (Baker & Baker, 1968) ; 88 (Baum D. A. & Oginuma K., 1994) Madagascar
Adansonia suarezensis H. Perrier 88 (Baum & al., 1995)
Madagascar
Adansonia za Baill 48 (Miège, 1974) ; 88
Madagascar

Une explication possible de ce conflit est la discordance généalogique avec les espèces malgaches de la section Longitubae, probablement liée au phénomène d'introgression**. Selon toute vraisemblance, l'analyse du moment ou se seraient séparées les différentes branches, montre que la dispertion des espèces africaines et australiennes se serait produite bien après la fragmentation du Gondwana, impliquant la conquète par voies maritimes. La Phylogénétique ne permet pas rendre une image de l'évolution de la flore dénuée d'ambiguités. Mais, elle suggère l'hypothèse plausible, que la pollinisation par les lepidoptères (section Longitubae) soit ancestrale chez Adansonia et, que le passage à la pollinisation par les mammifères constatée chez A. digitata en Afrique, A. suarezensis et A. grandidierii à Madagascar soit un phénomène de convergence.
L'étude de la répartition géographique implique la prise en compte de variables si nombreuses, que les hypothèses se multiplient. L'ADN ne fait pas tout, mais il semble ne pas jouer en faveur des travaux d'Aubréville, qui voyait le Gondwana comme terre d'origine, avec pour centre du genre, ce qui est aujourd'hui Madagascar. Vint la fracture, ou chacun suivit son bout de chemin, excepté en Inde d'où il aurait disparu.
Le jeu de pistes auquel il faut se livrer est d'autant compliqué que les périodes de glaciations successives modelèrent la topographie, au point de dégager de véritables accès avec la descente des eaux, comme le pont Comorien, dont les iles qui le formaient affleurent aujourd'hui parfois à 1 m seulement. Elles sont soumises à des contraintes prodigieuses qui les font s'affaisser à peu près aussi vite qu'ont jailli les volcans dont elles sont issues, s'enfonçant sous leur propre poids. Et au milieu des animaux l'ayant disséminé, l'homme occupe une place de choix, puisque les Arabes l'ont emporté partout avec eux dans l'Océan Indien lors de leur grande épopée commerciale…
En résumé, David A. Baum table sur une dispersion maritime, avec des cabosses insubmersibles, qui auraient fièrement atteint les côtes lointaines. Aubréville voit lui le Gondwana comme origine commune avant de céder à l'éclatement . Et le mieux, c'est qu'ils ont tous deux raison quelque part. C'est louable, moi aussi je pourrais m'essayer, mais je vis en 2005 et j'utiliserai la phrase culte d'aujourd'hui : je n'ai vraiment aucun avis à ce sujet.

*Marqueur génétique : Séquence d'ADN repérable spécifiquement. Les marqueurs génétiques peuvent être utilisés pour "baliser" les chromosomes en cartographie génétique.
**Introgression : Dispersion naturelle des gènes d'une espèce à l'intérieur d'une autre espèce par suite d'une hybridation interspécifique suivie de croisements en retour successifs avec les parents.


Référence :
Baum D. A., Small R. L. and Wendel J. F. ; Biogeography and floral evolution of Baobabs (Adansonia, Bombacaceae) as inferred from multiple data sets ; Systematic Biology, 47(2): 181-207 ; 1998.
- Publié dans : Biologie
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